Notre rêve, notre passion, notre sport, notre moitié animale n’est plus. Lui qu’on a choisi pour sa personnalité, avec qui on a passé des moments formidables galope ailleurs, sans nous. On reste là, seul. Notre famille et nos amis sont là pour nous épauler, mais mentalement c’est un lourd travail intérieur qu’il va falloir mener, pour réapprendre à vivre sans lui.

Je vous l’accorde, en tant que véritable premier article de ce blog, le thème n’est pas hyper emballant ! Mais il faut bien l’avouer, rares sont les publications qui évoquent ce passage auquel nous sommes confrontés un jour ou l’autre. On le sait, quand on fait le choix de devenir propriétaire d’un animal – à part si c’est un perroquet ! – il faudra un jour lui dire au revoir. Et avec un cheval, c’est différent par plusieurs points.
La durée de vie d’abord. Un cheval peut vivre jusqu’à 30 ans, alors quand on s’engage, c’est un peu comme signer perpet’ ! En moyenne, on en est à 20-25 ans de vie commune, c’est souvent 5 voire 10 ans de plus qu’avec un chien ou un chat. Ça commence à faire ! Ensuite, le cheval est notre passion en tant qu’animal mais il est aussi notre passion en tant que sport. Athlète, il demande des soins quotidiens importants, plusieurs heures par jour que l’on « monte » ou pas. Enfin, il est souvent l’incarnation d’un rêve d’enfant, dont on s’émerveille chaque jour.
Alors quand on le perd, ce n’est pas seulement notre animal qui s’en va, c’est un peu notre monde personnel qui s’écroule. Mais je vous rassure, ce monde, on peut le reconstruire. Il FAUT le reconstruire. Cependant, cela demande de la patience et de laisser le temps faire son travail. Nous avons tellement construit notre vie autour de lui que le deuil est largement comparable à celui que l’on éprouvera pour un humain.
On traverse les mêmes phases : la tristesse, le déni, la colère puis l’acceptation. Les premières phases sont si douloureuses que le manque se ressent n’importe quand, amenant avec lui son lot de larmes. Au volant à un feu rouge, en faisant la cuisine, le soir en s’endormant. On ferme les yeux et les souvenirs reviennent, comme des couteaux plantés en plein cœur. Tellement douloureux que l’on voudrait que ça n’ait jamais existé pour être soulagé… On se dit que c’est un mauvais rêve, que l’on se réveillera de ce cauchemar rassuré. Mais le lendemain matin, on la sent toujours, là, plantée entre la gorge et le cœur, cette douleur horrible. On voudrait donc ne plus se souvenir, on voudrait oublier, se forcer à croire qu’il est toujours là… Je ne vous rassure pas, ça c’est impossible. Quand a colère arrive, c’est le démarrage de l’acceptation : on a compris, il est parti, on est fâché. Fâché contre personne en vrai, fâché contre soi (« quelle idiote d’avoir cru que ça durerait », « quelle idiote d’avoir cru que je ne souffrirai pas » ou « si j’avais fait ça, il serait sûrement toujours là »), et puis surtout fâché contre le destin (« Pourquoi moi ? Pourquoi pas un autre ? »). On cherche la raison, même s’il n’y en a pas. Le moment où l’on accepte ce fameux destin, que l’on se convainc que l’on y pouvait rien et que l’on ne peut pas revenir en arrière, là c’est le début de la revanche. On va gagner le match.
Une fois l’acceptation « complètement acceptée », vous pouvez de nouveau vivre comme avant, le souvenir se rangera avec celui du cheval de club qui vous a fait découvrir les joies du CSO, ou de votre premier chien. Pas de honte à avoir, ce n’est pas parce que vous ne pleurez plus qu’il ne vous manque pas. Mais vous avez accepté cette situation, accepté que cette histoire ait pris fin. Pour mieux en ouvrir une autre 🙂
