Bon OK, 2 ans après ça fait un peu tard, mais il vaut mieux tard que jamais ! Ce samedi 16 mars, la 2ème édition des Equiétudes se tiendra à Chantilly. L’occasion d’un flashback sur la session précédente ! (cette partie porte sur les interventions de Gillian Higgins)
Le salon Equiétudes s’est donné pour mission, avec l’aide de Sophie Bienaimé, directrice des Grandes Ecuries de Chantilly, de partager les dernières recherches scientifiques sur le sujet en mixant conférences et stands professionnels. La très reconnue outre-manche Gillian Higgings faisait l’honneur d’ouvrir la première édition. C’est d’ailleurs pour cela que j’y suis allée : il était hors de question de louper la venue en France de celle dont je dévore les livres sur la biomécanique équine. Et le rêve : 3h35 de conférence passionnantes !
Gillian Higgins, kinésithérapeute, cavalière de complet et instructrice, a créé Horse Inside Out. Vous savez, vous avez déjà vu ces chevaux avec le squelette peint ?

et bien c’est elle ! Horse Inside Out fournit ainsi des informations sur la compréhension de l’anatomie et de la biomécanique pour accompagner l’éducation et le travail des chevaux. Parce que l’équitation a aussi une dose de science ! Grâce au cheval peint en action on comprend ce que chaque mouvement va entraîner, en bien ou en mal, sur son squelette et ses muscles.
[Les écrits ci-dessous sont la retranscription de mes notes prises pendant la conférence]
Le cheval n’a pas évolué pour être monté, donc il en va de notre responsabilité de maintenir une bonne posture de dos pour lui permettre de nous porter sans se faire mal. On doit aussi faire attention à notre propre posture à cheval. Les exercices à cheval sont faits pour le bien du squelette et des muscles du cheval : il faut choisir le bon exercice pour le cheval, pour chaque cheval. C’est pourquoi il est important d’avoir de bonnes connaissances pour adapter les demandes aux capacités et aux besoins, pour développer sa musculature et son squelette sur le long terme.
Bon pied, bon œil, bonne posture
Pourquoi faire attention à sa posture et celle de son cheval ? Parce qu’une mauvaise posture affecte les muscles, les ligaments etc. Il est donc très important de maintenir une bonne position du dos du cheval quand on monte et de renforcer son système ligamentaire.
– le ligament nuchal qui part du haut du crâne vers le garrot et dont la partie filaire va vers les cervicales, aide le muscle à porter la tête, la monter et la descendre.
– le ligament supra-épineux est moins élastique que le ligament nuchal mais il est la continuité des ligaments entre la tête et le corps.
Donc de ce fait physique, la position de la tête influe donc sur ce qui se passe dans le dos : quand le cheval lève la tête, le ligament se détend, il y a donc moins de support. Par contre, quand il descend sa tête, le ligament est en tension, ce qui aide le dos à remonter. [Imaginez-vous tenir les extrémités d’une corde dans chaque main, qui représentent l’une le crâne et l’autre la croupe. Si on écarte le crâne de la croupe, la corde se tend et on pourrait y faire marcher un funambule car elle est solide, tandis que si on rapproche en remontant, la corde devient complètement molle et notre funambule se casse la binette !]
Comment bouge le cheval
Contrairement aux idées reçues, c’est dans l’encolure du cheval que l’on trouve le plus de mouvements, et non dans le reste de son corps. Si l’on monte le cheval avec la tête haute, il est impossible d’avoir la flexion latérale tête-encolure : celle-ci n’est possible que tête en bas. En gardant sa tête trop haut, on empêche ce mouvement nécessaire à son bien-être. [en gros, c’est un peu comme si on apprenait à courir le menton en l’air dans une minerve. Pas très agréable, même si pour bien courir il faut avoir cette posture, aucun coach sportif ne forcera son élève à rester dans une attitude inconfortable, qui nuira à son apprentissage à d’abord mieux utiliser ses jambes.] Monter avec des positions de tête et d’encolure différentes au cours d’une même séance est important, il ne faut pas laisser le cheval dans une seule position de tête.
Par ailleurs, quand le cheval tourne, ce sont ses côtes qui bougent, se rapprochant les unes des autres sur le côté interne, s’écartant sur le côté externe. Lorsque l’on monte, on repose en fait sur les côtes et on modifie la forme de la cage thoracique du cheval : il est donc très important de renforcer les muscles qui supportent cette cage thoracique, et donc notre poids, afin qu’ils puissent à la fois nous porter mais aussi assurer le mouvement demander.
Quant aux vertèbres lombaires, elles ont plus de mouvement que les vertèbres thoraciques, c’est pour cela que l’on ne doit pas placer la selle au-delà de l’avant-dernière côté, au risque de faire pression sur les lombaires mobiles. Lorsque vous passez la main sur le dos de votre monture, ce ne sont pas les vertèbres que vous sentez mais leurs processus épineux. A la fin des processus épineux des lombaires, en remontant un peu on trouve un « trou » plutôt mou : c’est la jonction lombo-sacrée. C’est grâce à elle que le cheval est capable de ramener ses postérieurs sous la masse et donc de galoper ou de freiner en reining.
Les membres : à chacun son job
Pour garder la souplesse du corps entier, il est important de faire des mouvements variés, car ceux-ci stimulent la production de liquide synovial qui préserve les articulations. L’épaule en dedans par exemple permet d’augmenter la production de liquide synovial au niveau des vertèbres, c’est un bon exercice d’assouplissement, nécessaire toute la vie du cheval.
On distingue 3 angles d’articulations dans les antérieurs contre 5 dans les postérieurs. Les antérieurs ont donc moins de possibilité de se fléchir car leur fonction est de porter du poids et de conserver l’équilibre, alors que les postérieurs sont là pour la propulsion. L’articulation sacro-illiaque n’est pas vraiment mobile comme un genou mais elle sert à transmettre l’énergie de l’arrière vers l’avant. C’est la position et le mouvement du pelvis qui influent sur la position du dos du cheval. Ainsi, lorsque les postérieurs sont sous lui, cela permet la flexion du dos correcte. A l’inverse, si le pelvis est remonté, le dos est creux. Il ne faut cependant pas oublier la partie thoracique, en dessous du ventre, qui joue aussi un rôle pour remonter et muscler le dos.
La douleur du dos se ressent avec une extension ou une flexion passive au trot, cette allure est plus inconfortable si le cheval a mal au dos. Les barres au sol et les cavallettis aident à augmenter la symétrie du cheval et la mobilisation des muscles, qui vont développer les muscles posturaux et internes.
Idée d’exercice : transition trot-pas avec 6 foulées puis on réduit d’une foulée à chaque fois. Le but est de garder la même tension et la même décontraction, pour arriver ensuite à des mouvements de rassembler.
En conclusion, pour maintenir une bonne posture du dos, il faut donc :
1. Un bon positionnement de la tête, plutôt en bas
2. Un bon positionnement des postérieurs, sous la masse
3. Un bon positionnement des antérieurs et du muscle sous la sangle (« hamac »)
4. Un bon tonus des muscles abdominaux

Merci à Carine Schmidlin Photography pour le partage généreux de ses photos 🙂 Allez faire un tour sur sa page pour voir ses merveilles 🙂
