Soins : retour sur la (les) blessure(s) type brûlure

Un beau matin d’été, quelques jours avant mes vacances (oui sinon pas drôle), Voïda s’est coincée dans son box et s’est blessé les membres en mode « brûlure ». Des plaies peu impressionnantes, mais qui demandent des soins assidus et de longue durée. Retour sur cet épisode.

Tôt ou tard (et en général tôt !), tout propriétaire d’équidé finit par savoir que ceux-ci sont particulièrement doués pour se faire des blessures plus ou moins importantes et dans des circonstances qu’on imagine pas… Voilà donc ce qui s’est passé le 8 août 2017 : malgré un box suffisamment grand pour sa taille, Voïda s’est coincée contre un des murs de celui-ci, mur en parpaing, certainement en voulant se rouler ou se coucher. La paille ne devait pas être équitablement répartie et elle s’est retrouvée dans une « cuvette », les 4 pieds nus en l’air. Pour s’extirper de cette situation fâcheuse, elle a dû batailler telle une tortue sur sa carapace contre le mur et le sol : résultat, des plaies sous forme de brûlures sur 3 de ses membres. Malgré tout, nous avons eu de la chance car ce genre de situation, si le cheval n’arrive pas à se remettre d’aplomb rapidement, c’est un coup à faire une colique…

Le matin du 8 août, je suis donc appelée par les gérants. Gros coup de flippe en voyant le numéro de téléphone [pour rappel, la dernière fois qu’ils mont appelée, c’est pour la colique de Quiet… donc je ne suis jamais jouasse de voir apparaître ce numéro !] mais on me rassure « elle est un peu blessée mais ça va ». Arrivée sur les lieux, je vois en effet des petites blessures sur les membres blancs, rien de bien méchant. Mais personne n’avait vu la principale blessure, au niveau du genou gauche, dans les poils noirs. Et là, on est sur quelque chose de moins sympa. A cette époque, Voïda n’est pas encore très amie avec les séances de soins de bobos, mais je réussi plutôt bien à faire les premiers nettoyages à la betadine savon, pour voir l’étendu des dégâts. Je m’aperçois bien vite qu’il va falloir un avis véto… que je demande immédiatement photos à l’appui. Verdict : rien de dramatique ou d’urgent, mais elle passe dans l’après-midi quand même.

Effectivement, quand nous avons tout nettoyé sur une Voïda shootée à fond, c’est pas joli joli tout ça. Les soins seront longs, avec des pansements à faire chaque jour au début, notamment sur l’antérieur droit où on doit faire un pansement compressif pour éviter ce que l’on appelle un « gros genou ». En effet, le genou est une zone très très pénible lorsqu’il y a blessure [c’est pas la première fois qu’elle me fait le coup en plus] du fait d’une grande mobilité, c’est une zone qui va gonfler rapidement et le plus chiant, ne pas dégonfler ensuite. Et c’est aussi une zone qui va bourgeonner (Cf. plus bas).

Les soins vont durer plus d’un mois pour que les plaies soient complètement cicatrisées, avec différents protocoles justement. J’ai notamment utilisé au début ce que l’on appelle du Tegaderm ou Hydrotac : c’est un élément de pansement en mousse, assez épais, qui va permettre l’absorption des sécrétions de la plaie. Les soins étaient assez simples : nettoyage des plaies à la betadine diluée avec du sérum phy (la véto m’avait fait une « poche ») à l’aide d’une compresse, pour éliminer les sécrétions non absorbées et les petites peaux qui se forment mais n’ont pas lieu d’être encore. Ensuite, application d’un tulle gras et du Tegaderm/Hydrotac avant de finir le pansement par un gros morceau de coton à bien serrer + de la bande cohésive. Sur les autres plaies, plus petites, je faisais un pansement avec une simple compresse imbibée de bétadine + sérum phy [c’est d’ailleurs la meilleure solution pour faire cicatriser une plaie correctement : la couvrir].

Dès le 14 août, la véto a décelé un léger bourgeonnement qui a demandé l’application de VULKETAN.

Les pansements ont continué avec le Tegaderm/Hydrotac simplement (sans la grosse bande de coton) pendant plusieurs semaines/mois.

Une fois les plaies belles et sans risque de bourgeonnement, j’ai appliqué de la gelée d’aloe vera lors des pansements, jusqu’à cicatrisation complète. J’ai préféré couvrir longtemps pour protéger notamment la plaie du genou qui a été très longue à se remettre.

Le résultat aujourd’hui est nickel : elle a retrouvé tous ses poils noirs (et les blancs sur les postérieurs) malgré une zone bien abîmée !

C’est une production de tissu de granulation en excès, suite à une réaction inflammatoire sur la plaie, qui ne va pas permettre une bonne contraction de celle-ci, et donc une bonne cicatrisation. C’est vraiment un phénomène qu’il faut surveiller lorsqu’il y a des plaies sur les bas des membres (cela ne se produit pas, ou très rarement, ailleurs). Pour l’éviter, en général le cheval est mis au repos et doit limiter vraiment ses mouvements de marche (donc prévoir un temps de box avec 10’ de sortie par jour puis ensuite un petit paddock restreint).

Au niveau de la plaie, imaginez une ligne qui la ferme : si les tissus dépassent cette ligne et passent par-dessus les bords de la plaie (en général ça commence par cela), c’est du bourgeonnement. Il est donc important de surveiller quasi quotidiennement ce type de plaie, pour agir très rapidement, avec une pommade adaptée. Si on laisse le tissu se produire en excès, le vétérinaire sera obligé de le couper/brûler, ce qui va encore allonger le délai de cicatrisation (et la facture !)

475,16€, prise en charge hors franchise par assurance [d’où l’intérêt d’en avoir une cf. l’article ici]

– 1ère consultation (dont sédation + OEDEX) + consultation de contrôle à J+6 (avec VULKETAN) = 312,35€ (230€ d’actes et 82,35€ de médicaments)

– achats de bandes cohésives (Padd) x 16 = 49,60€

– velpeaustrap (élasto) x 3 + oedex x3 = 39,62€

– Hydrotac = 73,59€

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